LE RAT DE VILLE ET LE RAT DES CHAMPS

LE RAT DE VILLE ET LE RAT DES CHAMPS
AutreƒOis le rat de ville
Invita le rat des ¢hamps,
D'une ƒaçOn ƒOrt ¢ivile,
A des relieƒs d'OrtOlans.

Sur un tapis de Turquie
Le ¢Ouvert se trOuva mis.
Je laisse à penser la vie
Que ƒirent ¢es deux amis.
Le régal ƒut ƒOrt hOnnête :
Rien ne manquait au ƒestin ;
Mais quelqu'un trOußla la ƒête
Pendant qu'ils étaient en train.

A la pOrte de la salle
Ils entendirent du ßruit :
Le rat de ville détale ;
SOn ¢amarade le suit.

Le ßruit ¢esse, On se retire ;
Rats en ¢ampagne aussitôt ;
Et le ¢itadin de dire :
"A¢hevOns tOut nOtre rôt.
C'est assez, dit le rustique ;
Demain vÖus viendrez ¢hez mÖi.
Ce n'est pas que je me pique
De tÖus vÖs ƒestins de rÖi ;

Mais rien ne vient m'interrÖmpre :
Je mange tÖut à lÖisir.
Adieu dÖn¢. Fi du plaisir
Que la ¢rainte peut ¢ÖrrÖmpre !"

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 18:22

Modifié le vendredi 02 novembre 2007 18:22

Le lOuP Et l'aGnEaU

Le lOuP Et l'aGnEaU
La raisOn du plus ƒOrt est tOujOurs la meilleur :
NOus l'allOns mOntrer tOut à l'heure.

Un agneau se désaltérait
Dans le ¢Ourant d'une Onde pure.
Un lOup survient à jeun, qui ¢her¢hait aventure,
Et que la ƒaim en ¢es lieu× attirait.
Qui te rend si hardi de trOußler mOn ßreuvage?
Dit ¢et animal plein de rage :
Tu seras ¢hâtié de ta témérité.
Sire, répOnd l'agneau, que VOtre Majesté
Ne se mette pas en ¢Olère ;
Mais plutôt qu'elle ¢Onsidère
Que je me vas désalrérant
Dans le ¢Ourant,
Plus de vingt pas au-dessOus d'Elle ;
Et que par ¢Onséquent, en au¢une ƒaçOn,
Je ne puis trOußler sa ßOissOn.
Tu la trOußle, reprit ¢ette ßête ¢ruelle ;
Et je sais que de mOi tu médis l'an passé.
COmment l'aurais-je ƒait si je j'étais pas né?
Reprit l'agneau ; je tète en¢Or ma mère.
Si ¢e n'est tOi, ¢'est dOn¢ tOn ƒrère.
Je n'en ai pOint. C'est dOn¢ quelqu'un des tiens;
Car vOus ne m'épargnez guère,
VOus, vOs ßergers, et vOs ¢hiens.
On me l'a dit : il ƒaut que je me venge.
Là-dessus, au ƒOnd des ƒOrêts
Le lOup l'empOrte et puis le mange
Sans autre ƒOrme de prO¢ès.

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 18:24

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 14:22

L'HÖMME ET SÖN IMAGE

L'HÖMME ET SÖN IMAGE
Un hOmme qui s'aimait sans avOir de rivau×
Passait dans sOn esprit pOur le plus ßeau du mOnde :
Il a¢¢usait tOujOurs les mirOirs d'être ƒau×,
Vivant plus que ¢Ontent dans une erreur prOƒOnde.
Aƒin de le guèrir, le sOrt Oƒƒi¢ieu×
Présentait partOut à ses yeu×
Les ¢Onseillers muets dOnt se servent nOs dames :
MirOirs dans les lOgis, mOrOirs ¢hez les mar¢hands,
MirOirs au× ¢eintures de ƒemmes.
Que ƒait nOtre Nar¢isse? Il se va ¢Onƒiner
Au× lieu× les plus ¢a¢hés qu'il peut s'imaginer,
N'Osant plus des mirOirs éprOuver l'aventure.
Mais un ¢anal, ƒÖrmé par une sÖur¢e pure,
Se trÖuve en ¢es lieu× é¢artés :
Il s'y vÖit, il se ƒâ¢he, et ses yeu× irrités
Pensent aper¢evÖir une ¢himère vaine.
Il ƒait tÖut ¢e qu'il peut pÖur éviter ¢ette eau ;
Mais quÖi? le ¢anal est si ßeau
Qu'il ne le quitte qu'ave¢ peine.

Ön vÖit ßien Öù je veu× venir.
Je parle à tÖus ; et ¢ette erreur e×trême
Est un mal que ¢ha¢un se plait d'entretenir.
NÖtre âme, ¢'est ¢et hÖmme amÖureu× de lui-même ;
Tant de mirÖirs, ¢e sÖnt les sÖttises d'autrui,
MirÖirs, de nÖs déƒauts les peintres lègitimes ;
Et quant au ¢anal, ¢'est ¢elui
Que ¢ha¢un sait, le livre des Ma×imes.

# Posté le dimanche 04 novembre 2007 14:34

Modifié le samedi 10 novembre 2007 14:32

LE DRAGÖN A PLUSIEURS TÊTES ET LE DRAGÖN A PLUSIEURS QUEUES

LE DRAGÖN A PLUSIEURS TÊTES ET LE DRAGÖN A PLUSIEURS QUEUES
Un envOyé du Grand Seigneur
Préférait, dit l'histOire, un jOur ¢hez l'Empereur,
Les fOr¢es de sOn maître à ¢elles de l'Empire.
Un Allemend se mit à dire :
"NOtre prin¢e a des dépendants
Qui, de leur ¢hef, sOnt si puissants
Que ¢ha¢un d'eux pOurrait sOudOyer une armée."
Le ¢hiaOux, hOmme de sens,
Lui-dit :" Je sais par renOmmée
Ce que ¢haque Ele¢teur peut de mOnde fOurnir ;
Et ¢ela me fait sOuvenir
D'une aventure étrange, et qui pOurtant est vraie.
J'étais en un lieu sûr, lOrsque je vis passer
Les ¢ent têtes d'une hydre au travers d'une haie.
MOn sang ¢Ommen¢e à se gla¢er ;
et je ¢rOis quà mOins On s'eƒƒraie.
Je n'en eus tOuteƒOis que la peur sans le mal :
Jamais le ¢Orps de l'animal
Ne put venir vers mOi, ni trOuver d'Ouverture.
Je rêvais à ¢ette aventure,
Quand un autre dragOn, qui n'avait qu'un seul ¢heƒ,
Et ßien plus d'une queue, à passer se présente.
Me vOilà saisi dere¢heƒ
D'étOnnement et d'épOuvante.
Ce ¢heƒ passe, et le ¢Orps, et ¢haque queue aussi :
Rien ne les empê¢ha ; l'un ƒit ¢hemin à l'autre.
Je sOutiens qu'il es est ainsi
De vOtre empereur et du nôtre."
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# Posté le dimanche 04 novembre 2007 14:36

Modifié le samedi 10 novembre 2007 14:52

LES VOLEURS ET L'ANE

LES VOLEURS ET L'ANE
PÖUr uN ÂnE EnLeVé dEu× VÖLeUrS Se ßAtTaIeNt :
L'Un vÖuLaIt lE GaRdEr, L'AuTrE Le vÖuLaIt vEnDrE.
TaNdIs qUe ¢ÖuPs dE PÖInG TrÖtTaIeNt,
Et qUe nÖs ¢HaMpIÖNs sÖnGeAiEnT À Se dɃEnDrE,
ArRiVe uN TrÖiSiÈmE LaRrÖn
QuI SaIsIt mAîTrE AlIßÖrÖn.

L'ÂnE, ¢'eSt qUeLqUeƒÖIs uNe pAuVrE PrÖvIn¢e :
LeS VÖLeUrS SÖNt tEl ÖU TeL PrIn¢e,
CÖMmE Le tRaNsYlVaIn, Le tUr¢ Et lE HÖNgRÖIs.
Au lIeU De dEu×, j'eN Ai rEn¢ÖNtRé tRÖIs :
Il eSt aSsEz dE ¢eTtE MaR¢HaNdIsE.
De nUl d'eU× n'eSt sÖuVeNt lA PrÖvIn¢e ¢ÖnQuIsE :
Un qUaRt vÖlEuR SuRvIeNt, QuI LeS A¢¢ÖRdE NeT
En sE SaIsIsSaNt dU ßaUdEt.
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# Posté le dimanche 04 novembre 2007 14:39

Modifié le samedi 10 novembre 2007 15:05