L'ÖISEAU BLESSE D'UNE FLECHE

L'ÖISEAU BLESSE D'UNE FLECHE
MÖrtellement atteint d'une ƒlè¢he empennée,

Un Öiseau déplÖrait sa triste destinée,

Et disait, en sÖuƒƒrant un sur¢rÖît de dÖuleur :
"Faut-il ¢Öntrißuer à sÖn prÖpre malheur !

Cruels humains ! vÖus tirez de nÖs ailes

De quÖi ƒaire vÖler ¢es ma¢hines mÖrtelles.

Mais ne vÖus mÖquez pÖint, engean¢e sans pitié :

SÖuvent il vÖus arrive un sÖrt ¢Ömme le nôtre.

Des enƒants de Japet tÖujÖurs une mÖitié

FÖurnira des armes à l'autre. "




# Posté le mardi 11 décembre 2007 18:20

Modifié le samedi 26 janvier 2008 16:27

LA LICE ET SA CÖMPAGNE

Une Li¢e étant sur sÖn terme,
Et ne sa¢hant Öu mettre un ƒardeau si pressant,

Fait si ßien qu'à la ƒin sa CÖmpagne ¢Önsent

De lui prêter sa hutte, Öù la Li¢e s'enƒerme.

Au ßÖut de quelque temps sa CÖmpagne revient.
La Li¢e lui demande en¢Öre une quinzaine ;

Ses petits ne mar¢haient, disait-elle, qu'à peine.
PÖur ƒaire ¢Öurt, elle l'Ößtient.

Ce se¢Önd terme é¢hu, l'autre lui redemande

S
a maisÖn, sa ¢hamßre, sÖn lit.

La Li¢e ¢ette ƒÖis mÖntre les dents, et dit :

"Je suis prête à sÖrtir ave¢ tÖute ma ßande,

Si vÖus pÖuvez nÖus mettre hÖrs. "

Ses enƒants étaient déjà ƒÖrts.

Ce qu'Ön dÖnne au× mé¢hants, tÖujÖurs Ön le regrette.
PÖur tirer d'eu× ¢e qu'Ön leur prête,
Il ƒaut que l'Ön en vienne au× ¢Öups ;

Il ƒaut plaider, il ƒaut ¢Ömßattre.

Laissez-leur prendre un pied ¢hez vÖus,

Ils en aurÖnt ßientôt pris quatre





# Posté le mardi 11 décembre 2007 18:23

L'AIGLE ET L'ESCARBÖT

L'AIGLE ET L'ESCARBÖT
L'Aigle dÖnnait la ¢hasse à mtre Jean Lapin,

Q
ui drÖit à sÖn terrier s'enƒuyait au plus vite.

Le trÖu de l'Es¢arßÖt se reÖntre en ¢hemin.
Je laisse à penser si ¢e gîte

Etait sûr ; mais Öu mieu× ? Jean Lapin s'y ßlÖttit.
L'Aigle ƒÖndant sur lui nÖnÖßstant ¢et asile,

L
'Es¢arßÖt inter¢ède, et dit :

"Prin¢esse des Öiseau×, il vÖus est ƒÖrt ƒa¢ile

D'enlever malgré mÖi ¢e pauvre malheureu× ;

M
ais ne me ƒaites pas ¢et ƒrÖnt, je vÖus prie ;

E
t puisque Jean Lapin vÖus demande la vie,

DÖnnez-la-lui, de grâ¢e, Öu l'ôtez à tÖus deu× :
C'est mÖn vÖisin, ¢'est mÖn ¢Ömpère. "

L'Öiseau de Jupiter, sans répÖndre un seul mÖt,

C
hÖque de l'aile l'EarßÖt,

L'étÖurdit, l'Ößlige à se taire,
Enlève Jean Lapin. L' Es¢arßÖt indigné

VÖle au nid de l'Öiseau, ƒrasse, en sÖn sen¢e,

S
es Öeuƒs, ses tendres Öeuƒs, sa plus dÖu¢e espérae :

Pas un seul ne ƒut épargné.

L'Aigle étant de retÖur, et vÖyant ¢e ménage,
Remplit le ¢iel de ¢ris ; et pÖur ¢Ömßle de rage,
Ne sait sur qui venger le tÖrt qu'elle a sÖuƒƒert.

Elle gémit en vain : sa plainte au vent se perd.
Il ƒallut pÖur ¢et an vivre en re aƒƒligée.

L'an suivant, elle mit sÖn nid plus haut.
L'Es¢arßÖt prend sÖn temps, ƒait ƒaire au× Öeuƒs le saut :
La mÖrt de Jean Lapin derh est vengée.

C
e se¢Önd deuil ƒut tel, que l'é¢hÖ de ¢es ßÖis
N'en dÖrmit de plus de si× mÖis.

L'Öiseau qui pÖrte Ganymède
Du mÖnarque des Dieu× enƒin implÖre l'aide,
DépÖse en sÖn girÖn ses Öeuƒs, et ¢rÖit qu'en pai×

Ils serÖnt dans ¢e lieu ; que, pÖur ses intérêts,

Jupiter se verra ¢Öntraint de les déƒendre :

Hardi qui les irait prendre.

Aussi ne les y prit-Ön pas.

Leur ennemi ¢hangea de nÖte,

Sur la rÖße du Dieu ƒit tÖmßer une ¢rÖtte :

Le dieu la sÖuant jeta les Öeuƒs à ßas.

Q
uand l'Aigle sut l'inadvertae,

Elle menaça Jupiter

D'aßandÖnner sa CÖur, d'aller vivre au sert,

Ave¢ mainte autre travagae.

Le pauvre Jupiter se tut :

D
evant sÖn trißunal l'EaÖt ¢Ömparut,

F
it sa plainte, et ¢Önta l'aƒƒaire.
Ön ƒit entendre à l'Aigle enƒin qu'elle avait tÖrt.

M
ais les de ennemis ne vÖulant pÖint d'¢Örd,

Le MÖnarque des Dieu× s'avisa, pÖur ßien ƒaire,

De transpÖrter le temps Öù l'Aigle ƒait l'amÖur
En une autre saisÖn, quand la re Es¢arßÖte

Est en quartier d'hiver, et, ¢Ömme la MarmÖtte,

S
e ¢a¢he et ne vÖit pÖint le jÖur.

# Posté le mardi 11 décembre 2007 18:27

Modifié le samedi 26 janvier 2008 16:28

LE LION ET LE MOUCHERON

LE LION ET LE MOUCHERON
"Va-t'en, chétif insecte, excrément de la terre! "
C'
est en ces mots que le Lion
Pa
rlait un jour au Moucheron.
L'autre lui déclara la guerre.
"P
enses-tu, lui dit-il, que ton titre de Roi
Me fasse peur ni me soucie ?
Un
boeuf est plus puissant que toi :
Je
lene à ma fantaisie. "
A peine il achevait ces mots
Qu
e lui-même il sonna la charge,
Fut le Trompette et le Héros.
Dans l'abord il se met au large ;
P
uis prend son temps, fond sur le cou
Du Lion, qu'il rend presque fou.
Le quadrupède écume, et son oeil étincelle ;
I
l rugit ; on se cache, on tremble à l'environ ;
E
t cette alarme universelle
E
st l'ouvrage d'un Moucheron.
U
n avorton de Mouche en cent lieux le harcelle :
T
antôt pique l'échine, et tantôt le museau,
Tantôt entre au fond du naseau.
La
rage alors se trouve à son faîte montée.
L'
invisible ennemi triomphe, et rit de voir
Q
u'il n'est griffe ni dent en la bête irritée
Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir.
Le malheureux Lion se déchire lui-même,
Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs,
Bat l'air, qui n'en peut mais ; et sa fureur extrême
Le
fatigue, l'abat : le voilà sur les dents.
L'insecte du combat se retire avec gloire :
C
omme il sonna la charge, il sonne la victoire,
Va partout l'annoncer, et rencontre en chemin
L'embuscade d'une araignée ;
Il
y rencontre aussi sa fin.
Quelle chose par là nous peut être enseignée ?
J'
en vois deux, dont l'une est qu'entre nos ennemis
Le
s plus à craindre sont souvent les plus petits ;
L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire,
Q
ui périt pour la moindre affaire.

# Posté le mardi 11 décembre 2007 18:30

Modifié le samedi 26 janvier 2008 16:29

L'ANE CHARGE D'EPONGE, ET L'ANE CHARGE DE SEL

L'ANE CHARGE D'EPONGE, ET L'ANE CHARGE DE SEL
Un Anier, son Sceptre à la main,
Men
ait, en Empereur Romain,
Deux
Coursiers à longues oreilles.
L'un, d'éponges chargé, marchait comme un Courrier ;
Et l'autre, se faisant prier,
Portait, comme on dit, les bouteilles :
S
a charge était de sel. Nos gaillards pèlerins,
P
ar monts, par vaux, et par chemins,
Au gué d'une rivière à la fin arrivèrent,
Et
fort empêchés se trouvèrent.
L'Ani
er, qui tous les jours traversait ce gué-là,
S
ur l'Ane à l'éponge monta,
Chassant devant lui l'autre bête,
Qui voulant en faire à sa tête,
D
ans un trou se précipita,
R
evint sur l'eau, puis échappa ;
C
ar au bout de quelques nagées,
Tou
t son sel se fondit si bien
Que le Baudet ne sentit rien
S
ur ses épaules soulagées.
Cama
rade Epongier prit exemple sur lui,
Comm
e un Mouton qui va dessus la foi d'autrui.
Voilà m
on Ane à l'eau ; jusqu'au col il se plonge,
Lui, l
e Conducteur et l'Eponge.
Tous
trois burent d'autant : l'Anier et le Grison
Fire
nt à l'éponge raison.
Celle-ci
devint si pesante,
Et de ta
nt d'eau s'emplit d'abord,
Que l
'Ane succombant ne put gagner le bord.
L'Anier l
'embrassait, dans l'attente
D'un
e prompte et certaine mort.
Quel
qu'un vint au secours : qui ce fut, il n'importe ;
C'est assez q
u'on ait vu par là qu'il ne faut point
Agir chac
un de même sorte.
J'en voulais v
enir à ce point.

# Posté le vendredi 25 janvier 2008 17:48

Modifié le samedi 26 janvier 2008 18:32